Accompagner la filière de la rénovation globale et performante

Priorité I - Favoriser les économies d’énergie réelles

L’exemple allemand, qu’une fois n’est pas coutume la France serait bien avisée de ne pas en tirer les enseignements, a fait naître un certain scepticisme : tel un canard sans tête, l’État n’avancerait-il pas à l’aveugle en finançant une politique qui, au mieux, n’aurait qu’un impact écologique et social limité ? En cause : la hausse du coût de l’énergie ou encore “l’effet rebond” constaté chez nos voisins d’Outre-Rhin, c’est-à-dire une utilisation accrue d’un équipement liée à la diminution de son coût. Le risque d’un décalage entre volume d’économies d’énergie estimé en amont des travaux, et économies d’énergie réelles “sur la facture” existe par ailleurs bel et bien.

Pour que les pouvoirs publics français ne tombent pas dans ces écueils, il faut sortir de la logique des travaux “par geste” et de la politique du chiffre à partir de laquelle s’est structurée la filière depuis 10 ans. L’interpellation de la Cour des Comptes sur le dispositif MaPrimeRénov’ en est un signe. Adopter une approche globale, tant dans la rénovation du bâtiment, que dans le choix des matériaux, garantir contractuellement la performance des travaux et prévenir l’effet rebond par la pédagogie voire les outils digitaux, doivent être les trois piliers du modèle français de l’efficacité énergétique. 

Accompagner la filière de la rénovation globale et performante

Alors que la rénovation énergétique par geste reste majoritaire pour les ménages, la priorité est d’orienter progressivement le marché vers des travaux de rénovation globale du logement, certes plus coûteux, mais plus efficaces.

Hellio a identifié 10 freins réglementaires et opérationnels à lever pour permettre aux dispositifs d’aides financières de changer d’échelle et de les orienter plus efficacement vers la rénovation globale :

  • L’imprévisibilité des aides dont les montants sont trop variables.
  • L’absence de cohérence des aides illustrée par exemple dans certains cas des aides “Coup de pouce Rénovation globale” parfois moins intéressantes que les financements des travaux geste par geste.
  • La lourdeur administrative démotivante pour les professionnels.
  • L’incertitude réglementaire.
  • Le manque de bureaux de contrôle prêts à auditer les chantiers.
  • Des bureaux d’études encore réticents à proposer des offres d’audits dédiés à la rénovation globale. + Un manque d’entreprises de travaux et d’auditeurs qualifiés.
  • Des pénuries de matériaux courantes.
  • Le non-cumul de certaines aides pour les ménages précaires et modestes.
  • L’absence de solution de financement du reste à charge par les réseaux de banques traditionnelles.

 Proposition 01

Créer un groupe de travail interministériel bimestriel associant les décideurs et représentants professionnels du secteur dédié à la rénovation globale et performante des logements

Ce groupe de travail réunirait notamment la Di-rection Générale de l’Énergie et du Climat (DGEC), la Direction de l’Habitat, de l’Urbanisme et des Paysages (DHUP), la Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP), la Fédération Française du Bâtiment (FFB), les représentants des organismes de contrôle indépendants, les mandataires et délégataires des aides financières signataires de la charte Coup de pouce Rénovation performante en maison individuelle, l’Anah et l’ADEME. Pour accompagner la structuration de l’offre professionnelle, il aura pour objectifs :

  • - De lever les freins opérationnels et réglementaires freinant les offres commerciales
  • - De développer et coordonner l’offre de formation spécifique à la rénovation globale et performante.

Cette proposition rejoint celle défendue par Marjolaine Meynier Millefert, députée de l’Isère, à l’issue de la mission d’information sur la rénovation thermique des bâtiments visant à créer un Conseil supérieur de la rénovation énergétique chargé d’émettre des avis sur les réglementations et piloter les différentes politiques liées à la rénovation énergétique. Dans son rapport remis le 10 février 2020, la députée portait également l’idée d’une institution chargée de guider l’action publique vers une réorientation progressive des aides à la rénovation globale.

 

 

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